Ah, les États-Unis… ce grand terrain de jeu spirituel où les émotions se bousculent : peur, colère, tristesse, avec parfois une furieuse envie de hurler et de taper dans un coussin (ne jugez pas, ça marche). Comme beaucoup, ce que j’y vois réveille chez moi un véritable tourbillon intérieur.
En observant tout ça, je ressens un malaise : deux camps dressés l’un contre l’autre, convaincus chacun d’avoir la morale, l’Histoire et accessoirement Dieu (pour ceux qui ont son numéro direct) de leur côté. Et ces deux camps se ressemblent beaucoup plus qu’ils ne veulent l’admettre. Nous sommes tous persuadés que c’est à l’autre de changer sa vision du monde. Bref : miroir, mon beau miroir…
Et si l’autre était… moi (mais en version remixée) ?
Une parole de Paramahansa Yogananda m’a frappé comme un coup de cymbale : ce que nous détestons chez les autres est souvent ce que nous n’aimons pas chez nous. Ouch.
Alors j’ai commencé à me poser des questions du genre : et si ce que je reproche à ceux que j’étiquette (un peu rapidement) “fachos” venait faire écho à ma propre envie de contrôler le monde ? Et si la violence que je rejette avec tant d’ardeur était le miroir de celle que je cache soigneusement derrière un sourire bienveillant ?
Et si, au fond, nous étions exactement les mêmes, enfermés dans nos certitudes, à la recherche d’amour, de sécurité et de paix ? Finalement, nous voulons tous la même chose — ce sont juste les méthodes pour y parvenir qui déclenchent des tsunamis émotionnels.
Soyons honnêtes : j’ai encore du mal à ne pas détester certaines personnes que je juge “toxiques” pour ce monde. Peut-être que vous aussi ? Alors voici quelques pratiques spirituelles qui m’aident à changer de regard.
Exercice 1 : L’Amour Inconditionnel version Lumière
- Pensez à la personne que vous détestez le plus (celle dont vous êtes persuadé d’avoir mille raisons de la détester).
- Pensez ensuite à une personne que vous admirez profondément (un Gandhi, une sœur Emmanuelle ou même votre grand-tante si elle fait le job).
- Visualisez-les toutes deux baignées dans une Lumière divine, accueillies par un Être de lumière qui les aime exactement pareil.
Oui, ça pique au début. Recommencez : l’ego finit par capituler.
Deuxième étape : comprenez que ces deux personnes représentent… deux versants de vous-même. L’un vous inspire, l’autre vous horripile, mais les deux font partie du même puzzle. Visualisez-vous dans cette lumière aimante. Aucun morceau de vous n’est exclu. Aucun.
Exercice 2 : Visualiser l’Ennemi en Mode Bébé
Prenez cette personne que vous détestez et imaginez-la… en bébé, puis en enfant, puis en adolescent perdu dans l’existence. Pensez à ce qu’elle a pu vivre, apprendre, souffrir. On se surprend souvent à ressentir plus de compassion que de colère. (C’est l’un des outils les plus efficaces de la spiritualité !)
Exercice 3 : Changer de Camp (temporairement)
Imaginez le monde vu depuis “l’autre camp”. Comment vous voient-ils ? Comment interprètent-ils vos convictions ? Cela n’enlève pas votre point de vue, mais ça élargit le champ — exactement ce que tout chemin spirituel finit par réclamer.
Exercice 4 : Quelques Citations à Méditer
« La frontière entre le bien et le mal ne passe pas à l’extérieur de nous-mêmes, mais à l’intérieur de chacun. » — Alexandre Soljenitsyne
« L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut. » — Martin Luther King
« Chacun d’entre nous possède une étincelle de grandeur divine. » — Nancy Rynes (NDE)
« Chaque personne que vous rencontrez est vous. Nous sommes tous une expression unique et précieuse d’un Être universel. Une partie de la croissance de l’humanité consiste à apprendre à voir cet Être en tout et en chacun, y compris en soi-même » — Témoignage d’EMI
Et maintenant, on va où ?
Peut-être que la situation actuelle ne nous demande pas de choisir un camp, mais d’aimer tous les camps. Ce qui ne signifie pas approuver tout ce qui se fait sur Terre.
Mais si nous voulons agir — politiquement, socialement, culturellement — faisons-le depuis l’amour, pas depuis le rejet. Car sinon, nous finissons par ressembler à ceux que nous combattons.
Un dernier mot : changer le monde, ce n’est pas seulement sur les réseaux. Ça commence dans le métro, en famille, au supermarché ou même depuis un lit d’hôpital. L’acte le plus puissant de transformation sociale est d’offrir de l’amour autour de soi — même discret, même maladroit.
C’est ainsi que le monde se rapproche, un sourire après l’autre, du paradis qu’il pourrait être.
Voir aussi l’article sur l’usage de la force vue par les EMI

